Ce producteur de pommes d’Indre-et-Loire prend la tête d’une association nationale

Et si, derrière les pommes que vous croquez chaque jour, il y avait des femmes et des hommes qui se battent pour que cette filière tienne encore debout demain ? En Indre-et-Loire, un producteur discret mais déterminé vient de prendre la tête d’une grande association nationale. Et son projet dépasse largement les frontières de son verger.

Qui est ce producteur d’Indre-et-Loire qui prend la tête de l’ANPP ?

À Saint-Paterne-Racan, en Indre-et-Loire, le nom de Thierry Moisy est déjà bien connu. Producteur de pommes et de poires, il cultive ses arbres fruitiers sur environ 10 hectares, en plus de grandes cultures. Depuis le 4 décembre 2025, il préside désormais l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP).

Âgé de 47 ans, marié, père de deux enfants, Thierry Moisy n’est pas qu’un arboriculteur passionné. Il est aussi conseiller municipal dans sa commune, et déjà président d’une Organisation de Producteurs (OP Renaissance) depuis deux ans. Autrement dit, il connaît à la fois le terrain, les enjeux économiques et la réalité des décisions collectives.

Des variétés de pommes et de poires qui parlent à tout le monde

Dans son verger, Thierry Moisy cultive des variétés que vous avez très probablement déjà croisées dans vos paniers.

  • Golden : pomme douce, sucrée, idéale à croquer ou en compote.
  • Gala : petite, colorée, très appréciée des enfants.
  • Pink Lady : croquante, parfumée, au léger goût acidulé.
  • Chantecler : pomme plus rustique, très aromatique.
  • Choupette et Zingy : variétés plus récentes, pensées pour le goût et la conservation.
  • Conférence : grande poire fine et fondante, parfaite en dessert ou pochée.

Derrière ces noms, il y a une vraie stratégie. Diversifier, c’est sécuriser le revenu de l’exploitation, mais aussi répondre aux envies très différentes des consommateurs. Certains cherchent du croquant, d’autres du fondant. Certains veulent une pomme de goûter, d’autres une poire à cuisiner. Le nouveau président connaît bien ces attentes.

Qu’est-ce que l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP) ?

L’ANPP, ce n’est pas une petite structure de village. C’est la grande association française qui rassemble les producteurs de pommes et de poires sur tout le territoire. Elle compte environ 300 adhérents, mais derrière ces chiffres, ce sont près de 1 400 producteurs qui sont représentés.

On y trouve :

  • des organisations de producteurs,
  • des producteurs indépendants,
  • des expéditeurs,
  • des centres d’expérimentation qui testent de nouvelles pratiques.

En volume, l’ANPP pèse lourd : environ 1 000 000 tonnes de pommes et 50 000 tonnes de poires. Ce sont les fruits que l’on trouve dans les supermarchés, sur les marchés, chez le primeur du coin. Quand l’ANPP parle, elle porte donc la voix d’une filière entière.

Un relais symbolique après 16 ans de présidence

Avant Thierry Moisy, c’est Daniel Sauvaitre qui présidait l’ANPP. Pendant 16 ans. Un mandat très long, qui a accompagné des bouleversements majeurs pour l’agriculture : changements de réglementation, montée en puissance des exigences environnementales, pression des prix, concurrence étrangère.

Daniel Sauvaitre ne quitte pas totalement la scène. Il est désormais président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, et reste membre du bureau de l’ANPP. Cette continuité rassure. Elle montre que la passation de relais s’inscrit dans un travail de fond, construit dans la durée.

Une filière à la croisée des chemins

Si Thierry Moisy arrive à la présidence maintenant, ce n’est pas par hasard. La filière des pommes et des poires traverse une période délicate. Les mots sont clairs : la rentabilité des exploitations est mise à mal depuis plusieurs années.

Les producteurs subissent à la fois :

  • une pression forte sur les prix de vente,
  • une hausse des coûts de production (énergie, main-d’œuvre, équipements),
  • des règles de production plus strictes, parfois plus exigeantes qu’à l’étranger.

Résultat : certains se demandent comment tenir. D’autres hésitent à transmettre leur ferme ou à investir. L’expression « filière à la croisée des chemins » n’est pas exagérée. Il faut choisir une direction et s’y engager clairement.

Les priorités du nouveau président : économie, outils et consommation

Lors de son élection, Thierry Moisy a dressé une feuille de route très nette pour l’ANPP. Il ne parle pas de grands concepts lointains. Il revient à des questions très concrètes, qui touchent chaque producteur dans son quotidien.

  • Préserver le revenu des producteurs en résistant à la pression sur les prix.
  • Défendre les moyens de production pour que les arboriculteurs français aient les mêmes outils que leurs concurrents étrangers.
  • Redynamiser la consommation de pommes et de poires.
  • Poursuivre la communication auprès du grand public.
  • Attirer des jeunes vers ce métier jugé passionnant, mais parfois décourageant.

Il le résume lui-même : la durabilité économique des exploitations et la défense des moyens de production sont au cœur du défi. Sans revenus stables, pas d’investissement. Sans outils adaptés, pas de vergers compétitifs. Et sans agriculteurs, plus de pommes ni de poires françaises.

Le label « Vergers écoresponsables » au centre du message

Un point revient souvent dans les propos de Thierry Moisy : le label Vergers écoresponsables. Ce label distingue des producteurs engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement, de la biodiversité et de la qualité des fruits.

L’idée est simple. Si les consommateurs comprennent mieux ce qui se cache derrière ce label, ils auront plus envie de soutenir ces vergers, donc ces producteurs. Mais encore faut-il le leur expliquer clairement. L’ANPP veut donc continuer à faire connaître les valeurs portées par la filière : respect de la nature, sécurité alimentaire, qualité gustative.

Pourquoi cette élection vous concerne aussi, en tant que consommateur

Vous pourriez vous dire : tout cela, c’est une histoire de professionnels. Et pourtant, cette élection a des conséquences très concrètes sur ce que vous trouvez dans votre panier de courses.

Les choix faits par l’ANPP peuvent influencer :

  • la présence de pommes et de poires françaises dans les rayons,
  • la qualité gustative des fruits (variétés proposées, maturité, stockage),
  • le niveau d’exigence environnementale appliqué dans les vergers,
  • l’information disponible sur les étiquettes et dans les campagnes de communication.

En face, la concurrence étrangère existe et progresse. Des fruits parfois moins chers, produits dans des conditions réglementaires différentes. Le travail de l’ANPP consiste justement à éviter que la seule variable soit le prix, et à remettre la valeur, au sens large, au centre.

Une filière qui cherche à attirer les jeunes

Thierry Moisy le répète : ce métier est passionnant. Travailler au rythme des saisons. Voir un verger évoluer. Observer une variété nouvelle donner ses premiers fruits. Mais il faut être honnête, la passion ne suffit pas. Sans perspectives économiques, les jeunes hésitent à s’installer.

L’ANPP veut donc rendre cette filière plus lisible, plus attractive. Montrer que l’on peut y faire carrière, innover, se former, s’organiser collectivement. L’élection d’un président en activité, encore en plein dans son métier d’arboriculteur, envoie un signal : la filière reste tournée vers l’avenir.

Et maintenant, que peut-on attendre ?

Les prochaines années seront décisives. Entre la nécessité d’adapter les vergers au climat, de répondre aux attentes sociétales, de tenir économiquement, les défis ne manquent pas. Mais l’arrivée d’un producteur de terrain, engagé localement et nationalement, à la tête de l’ANPP, laisse entrevoir une présidence très connectée à la réalité des exploitations.

En tant que consommateur, vous avez aussi un rôle. Choisir des pommes et des poires françaises, repérer le label Vergers écoresponsables, s’intéresser à l’origine des fruits. Chaque achat envoie un message à la filière. Et soutient, quelque part en Indre-et-Loire ou ailleurs, un verger comme celui de Saint-Paterne-Racan.

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Auteur/autrice

  • Camille Lemoine, experte en référencement et passionnée de gastronomie, partage depuis plus de dix ans son amour pour la cuisine autour du monde, la découverte de saveurs et l’art de vivre à la française. Ayant collaboré avec de nombreux chefs et artisans, elle propose des conseils SEO adaptés aux professionnels de la gastronomie, du voyage et de la maison. Son expérience allie expertise digitale et authenticité culinaire, guidant les passionnés vers une visibilité optimale et des contenus de qualité dans l’univers gourmand de Yamu.

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