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Imaginez des pommes fondantes comme de la confiture, un caramel brun qui sent la vanille, et une pâte qui croustille sous la dent. C’est la tarte Tatin que Julie Andrieu prépare, celle qui prend son temps, mais qui fait oublier toutes les autres. Si vous avez envie d’un dessert simple en apparence, mais inoubliable au goût, restez ici.
Beaucoup de tartes Tatin sont bonnes. Certaines sont jolies. Mais celle-ci joue dans une autre catégorie. Les pommes ne sont pas juste cuites. Elles sont longues à confire, doucement, jusqu’à devenir presque translucides.
Le caramel n’est pas trop clair ni amer. Il est brun, lisse, enrobant, parfumé à la vanille. Et la pâte maison ne se contente pas de supporter le tout. Elle reste croustillante, friable, bien cuite, sans devenir molle avec le jus des pommes.
Oui, c’est une tarte exigeante. Mais c’est aussi ce qui la rend si mémorable. Une tarte que l’on prépare quand on veut faire plaisir… et se faire plaisir en cuisinant.
Avant de commencer, prévoyez un moule à bord haut, de 26 cm de diamètre environ. La tarte doit être bien garnie, presque dodue.
Pour les pommes
Pour le caramel brun vanillé
Pour la pâte brisée maison
Pour le dressage et le service
La pâte est la base. Si elle est réussie, la tarte a déjà gagné en caractère. Ici, elle doit être à la fois friable, mais solide, pour encaisser le jus des pommes et le caramel.
Dans un saladier ou le bol d’un robot, versez la farine et le sel. Ajoutez le beurre froid en dés. Sablez du bout des doigts ou mixez par impulsions courtes, jusqu’à obtenir une texture ressemblant à du sable grossier.
Ajoutez ensuite les 20 g d’œuf battu et les 20 ml d’eau froide. Mélangez juste assez pour former une boule. Ne pétrissez pas trop, sinon la pâte va devenir élastique.
Aplatissez légèrement la boule en disque, filmez-la et placez-la au réfrigérateur pendant au moins 1 heure. Cette étape permet à la pâte de se détendre et de mieux cuire, plus croustillante.
Le secret de cette tarte, c’est la double cuisson lente des pommes. C’est là que la magie opère. Votre cuisine va sentir comme une confiserie.
Préchauffez votre four à 170°C en chaleur tournante.
Pelez les pommes, retirez le cœur et les pépins avec un vide-pomme ou un couteau. Coupez-les en deux. Déposez-les dans un plat et couvrez-les d’un linge propre légèrement humide, pour éviter qu’elles ne s’oxydent pendant que vous préparez le reste.
Le caramel doit être brun, pas juste blond. C’est lui qui donne le goût profond, légèrement grillé, qui marque le palais.
Fendez la gousse de vanille dans la longueur et grattez les petites graines. Dans une casserole à fond épais, faites fondre à feu moyen le beurre avec le sucre en poudre, les graines de vanille et la gousse.
Laissez fondre sans trop remuer au début, puis mélangez délicatement quand le sucre commence à colorer. Visez une couleur brun ambré, pas trop foncée pour ne pas avoir d’amertume.
Dès que la couleur vous convient, versez ce caramel vanillé chaud au fond de votre moule. Inclinez-le pour bien napper le fond.
Placez les demi-pommes dans le moule, sur le caramel, face bombée vers le bas. Serrez-les bien, elles vont réduire à la cuisson. Il ne doit pas rester de grands trous.
Couvrez le moule de papier aluminium. Percez deux ou trois petits trous pour laisser un peu de vapeur s’échapper. Enfournez pour 1 heure.
Au bout de cette première heure, sortez le moule et retournez délicatement chaque demi-pomme. La face bombée se retrouve alors vers le haut. Replacez au four pour encore 1 heure de cuisson, toujours à 170°C.
Retirez l’aluminium environ 30 minutes avant la fin pour laisser les pommes légèrement caraméliser en surface. Laissez ensuite tiédir le moule à température ambiante. Le jus va s’épaissir un peu en refroidissant.
Pendant que les pommes finissent de cuire, sortez la pâte brisée du réfrigérateur. Placez-la entre deux feuilles de papier cuisson. Étalez-la au rouleau en visant un disque d’environ 28 cm de diamètre pour un moule de 26 cm.
Cette marge permet de bien rentrer la pâte tout autour des pommes. Replacez le disque de pâte au frais sur sa feuille, le temps que les pommes terminent leur cuisson. Une pâte froide tient mieux à la cuisson et se rétracte moins.
Quand les pommes sont tièdes, préchauffez à nouveau le four, cette fois à 180°C.
Retirez la gousse de vanille si elle est encore dans le moule. Déposez délicatement le disque de pâte sur les pommes. Rentrez les bords de la pâte le long des parois du moule, comme si vous bordiez un drap.
Au centre de la pâte, faites une petite ouverture, une “cheminée”, avec la pointe d’un couteau. Cela permet à la vapeur de s’échapper et d’éviter que la pâte ne gonfle trop.
Mélangez le jaune d’œuf avec la cuillère à soupe de sucre glace. Badigeonnez la surface de la pâte avec ce mélange, pour une belle couleur dorée et légèrement brillante.
Enfournez pour environ 1 heure, jusqu’à ce que la pâte soit bien dorée et cuite, sans partie pâle au centre.
C’est souvent le moment qui fait peur. Pourtant, avec cette méthode, tout se passe bien si vous respectez une chose : la patience.
Laissez la tarte tiédir 15 à 20 minutes hors du four. Pas plus, sinon le caramel va trop figer. Pas moins, car il est brûlant à la sortie.
Placez ensuite un grand plat de service sur le moule. D’un geste franc, retournez l’ensemble. Tenez bien, puis soulevez le moule doucement. Les pommes doivent se révéler, brillantes, bien rangées, nappées de caramel brun.
Si une pomme se déplace ou reste au fond, replacez-la à la cuillère. Personne ne le verra une fois la tarte posée sur la table.
Cette tarte se déguste idéalement tiède. Le caramel reste souple, les pommes sont fondantes, la pâte croustille encore.
Servez-la avec de la crème épaisse vanillée. Par exemple, mélangez 200 g de crème épaisse avec 20 à 30 g de sucre et quelques gouttes d’extrait de vanille. Ou, si vous préférez, une boule de glace à la vanille, pour un contraste chaud-froid.
C’est le dessert parfait pour un déjeuner de famille, un dîner entre amis ou un dimanche d’automne. Une tarte qu’on pose au centre de la table, que l’on coupe lentement, en prenant le temps de savourer chaque bouchée.
Cette tarte Tatin façon Julie Andrieu n’est pas une recette de dernière minute. Elle demande de la lenteur, un peu d’attention, quelques gestes précis. Mais en échange, elle offre un parfum qui emplit la maison et un goût qui reste longtemps en mémoire.
Peut-être que votre tarte Tatin habituelle vous semblait déjà très bonne. Essayez celle-ci une fois, un jour où vous avez le temps. Il y a de grandes chances que, à partir de là, ce soit elle que l’on vous réclame, année après année.